La place de la Pigarde

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boblebuter
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La place de la Pigarde

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(Dans le cas où ce lieu prenne place dans Laelith, il se situe dans la Chaussée du Lac ou dans la Main qui travaille)

La place de la Pigarde est plus un élargissement de la chaussée qu'une véritable place. Mais elle bien connu des habitants du quartier pour son puits central qui alimente tout le pâté de maison alentour, ainsi que pour son orphelinat et sa vieille église.
De jour, l'endroit est animé. Entre les jeunes enfants qui courent en tous sens, les habitants qui viennent s'approvisionner en eau, les colporteurs et mendiants qui sont chassés par le père Frédérikson ou la sœur Anna, la vie résonne sur les pavés de la place. Mais la nuit, lorsque la lune est au plus haut dans l'obscurité, le clocher de la vieille église sonne la mi nuit et brise le silence quasi-surnaturel qui s'installe jusqu'au matin.

Voici une petite description des structures présentes dans et autour de la place.

Le puits. De vieille conception, le puits n'en reste pas moins fonctionnel. Tout en pierre, il délivre une eau potable de qualité à tous les habitants presque toute l'année. Presque, car le lendemain des nuits de pleine lune, l'eau du puits croupit et devient impropre à la consommation. Pour prévenir les habitants qui pourraient l'oublier, l'église sonne son tocsin pendant une demi-heure chaque nuit de pleine lune à partir de minuit. Les habitants sont grés au père Frédérikson de s'astreindre à une telle tâche mois après mois, mais ils aimeraient bien que l'église pense un peu plus au sommeil réparateur de ses voisins et moins aux maux d'estomacs de quelques étourdis. C'est d'ailleurs un sujet récurrent de dispute de voisinage, mais le responsable religieux n'en démord pas.

"L'orphelinat des abandonnés". Bordant toute une moitié de la place, "l'orphelinat des abandonnés" recueille les enfants des rues et autres bambins déposés sur le parvis de l'église. Géré avec poigne par la douce sœur Anna, les gamins vont et viennent à leur guise, si bien qu'il ne se passe pas deux jours sans qu'il y ait un nouveau venu ou un enfant qui choisisse de retourner à la rue. Dans les faits, l'orphelinat vit uniquement grâce aux dons que font les gens à l'église qui supervise l'institut, le père Frédérikson s'occupant de harceler les personnes qui passent dans la rue en prêchant la bonté, la charité, et le don de pièces d'or aux nécessiteux. La sœur Anna est quant à elle la seule personne à réellement s'occuper des enfants. Entre le ménage, la lessive, les courses et les repas pour les dix à trente enfants que peut héberger l'orphelinat suivant les jours, la jeune fille s'occupe de tout.
L'orphelinat en lui-même est une succession de petites maisons accolées qui ont été données à l'église au fil des décennies. Plusieurs portes ont été percées dans les cloisons qui les séparent, ce qui en fait un bâtiment unique. L'un des toits, moins pentu que les autres, a été aménagé en terrasse où le linge est étendu et où les gamins jouent malgré l'interdiction de la sœur Anna. Le bâtiment s'étend sur un rez-de-chaussée et deux étages où les enfants dorment à plusieurs sur des banquettes, des matelas de paille ou dans des fauteuils récupérés on ne sait où. Anna a sa propre chambre au deuxième étage et garde précieusement ses maigres possessions dans sa commode fermée à clef, hors de portée des gamins des rues qui dorment sous son toit.

L’église. Cet édifice qui ne semble pas dédié à un dieu en particulier, forme l’autre versant de la place de la Pigarde. L’église possède un haut clocher qui ne sonne qu’une fois par jour, à minuit, de trois coups seulement. Mais les nuits de pleine lune, la cloche résonne pendant près d’une demi-heure. L’église est on ne peut plus pauvre. Non seulement ce ne sont pas les fidèles qui se bousculent, mais tout l’argent de la quête est utilisé pour subventionner l’orphelinat. L’église est constituée d’une nef et d’un chœur. Un étroit escalier de pierre descend jusqu’à la crypte dans laquelle sont inhumés les habitants qui payent suffisamment pour cela. L’accès à la crypte est fermé par une grille de fer verrouillée et dont la seule clef est détenue par le père Frédérikson. Une porte dérobée située dans le chœur donne accès aux appartements du responsable de l’église, une simple pièce dépourvu de tout ornement ; un lit, un bureau et une armoire presque vide, voilà tout. Les appartements de Frédérikson possèdent également une porte dérobée donnant sur un escalier en bois grinçant menant au premier étage puis au deuxième et enfin au sommet du clocher. C’est dans ces deux étages que vit le sonneur du clocher. Ces deux étages sont remplis d’un bazar sans nom, tout ce qu’a récolté le sonneur au cours de ses sorties nocturnes.
Enfin, la crypte possède une lourde porte métallique donnant sur le cloaque et une salle sacrificielle, elle-même reliée au fond du puits.

Les Personnages Non Joueurs

Sœur Anna. Cette jeune fille humaine d’environ 16 ans a été recueillie par le père Frédérikson lorsque ses parents l’ont abandonnée, fuyant leurs créanciers. Restée à l’orphelinat, elle a pris l’habitude de s’occuper des plus jeunes et est maintenant devenue une vraie maman pour l’armada de petits sans-abris qui errent dans le quartier. Anna n’avait pas l’intention de rester à « l’orphelinat des abandonnés » mais ses journées sont tellement chargées qu’elle n’a plus le temps d’y penser, et quand le soir tombe elle s’écroule sur son lit pour une nuit sans rêve. En endossant le rôle de religieuse assistant le père Frédérikson, Anna a gagné en respectabilité auprès des habitants du quartier et des autorités, ce qui lui évite les affres de la condition d’orphelin.

Père Frédérikson. Cet humain d’une cinquantaine d’année a deux visages. Le jour, petit notable misérable du quartier, responsable religieux mendiant la charité des passants pour son église et son orphelinat, le père Frédérikson n’effectue son office que si quelques croyants daignent se déplacer pour un office. Plusieurs jours peuvent ainsi passer sans qu’un sermon ne soit donné dans la nef. Père adoptif bienveillant pour la marmaille qui braille sur la place, il est également le tuteur de Anna et veille à ce qu’elle exécute bien ses tâches, et lorsqu’elle n’est pas trop fatiguée il lui apprend à lire et écrire.
La nuit, le père Frédérikson descend dans la salle sacrificielle qu’il s’est aménagée dans le cloaque et effectue des offices pour un dieu ténébreux inconnu. Quelques pratiquants le rejoignent par les tunnels souterrains du cloaque et assistent à la cérémonie. Les nuits de pleine lune, il sacrifie un enfant qu’il a enlevé à l’orphelinat dans la soirée. Il se peint le corps de son sang et quémande les pouvoirs de sa sombre divinité. Lors de telles sessions, le nombre d’adepte est un peu plus important que d’habitude, et de meilleure compagnie. Lorsque la cérémonie est terminée, le père Frédérikson se baigne dans les eaux du puits pour se nettoyer du sang et y reste, flottant jusqu’à ce que la lueur de la lune n’atteigne plus le fond du point d’eau.
A l’origine le père Frédérikson était un bon pratiquant, fervent prédicateur du Bien et missionnaire zélé. Mais les années passant, le Mal ne faiblissant pas, il s’est progressivement mis à douter de l’utilité de le combattre, et a fini par céder à la tentation.

Le Sonneur. Ce demi-orque défiguré par la variole possède une importante bosse qui le rend plus impressionnant encore. Aux ordres du Père Frédérikson, le Sonneur enlève les enfants nécessaires aux sacrifices de l’ecclésiastique. Il lui sert aussi de gros bras et dépouille parfois les ivrognes qui font l’erreur de s’endormir à proximité de la place de la Pigarde. Le Sonneur a perdu sa langue lorsqu’il a été torturé par la garde pour un meurtre qu’il n’avait pas commis. Aujourd’hui, personne ne sait qu’il se cache dans l’église, à part Frédérikson bien sûr, et lorsque le prêtre veut effectuer un sacrifice nocturne, le Sonneur actionne la grosse cloche de l’église pour couvrir les cris de l’enfant supplicié.
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