COMMUNIS FORMA (Epopée Terres Balafrées)

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Petit-Souhait38
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Joined: Wed Jan 18, 2023 11:04 pm
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Re: COMMUNIS FORMA (Epopée Terres Balafrées)

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(Suite)
Le temps de la rejoindre, elle était désormais sans défense, assommée par les derniers coups reçus et bientôt maintenue par la tête ! Mes couteaux lancés sur le monstre le ralentirent, attirant son attention, mais à ma grande surprise un carreau d’arbalète lui transperça le crâne, Harnarre relâchée par la même occasion. Deux chevaliers en armure entrèrent ensuite dans la salle de réunification fragmentaire, l’un d’entre-eux portant une belle arbalète. Semblant retrouver ses esprits bien-que complètement vidée de ses forces, je conduisis la magicienne en sécurité puis partis rejoindre Dalgrob.
Tout à coup le dôme crépitant sembla disparaître, pression ambiante s’atténuant et laissant nos agresseurs quasi sans défense, inertes ! Nous les abattîmes avec notre nain après-quoi je ne pus m’empêcher de m’effondrer, totalement épuisé. Je lâchai mes armes et me traînais vers un mur m’y reposer. Je sentais à mes cotés une chaleur douce et revigorante. Coré-han ? J’avais en ce moment une vue en contre-plongée sur son immense statue et lui-aussi nous aurait soutenus durant cette épique bataille. Je vis ensuite Lazarus administrer les premiers soins à notre magicienne, gisant au sol.
Le grand-prêtre et gouverneur Emili Deriguesh arrivant sur les lieux peu après, notre nécromancien lui annonça la réunification des trois fragments. Le haut-responsable de Mithril, semblant alors déçu de la nouvelle, quitta rapidement les lieux. Curieux…
Difficilement relevé et boiteux, je le suivis jusqu’au temple de Coréahn au sein duquel une réunion exceptionnelle était déjà organisée afin de discuter des événements ayant eu lieux et d’en organiser les futures mises-en-place. On y parlera de l’assemblage fragmentaire : La mise en sécurité à Lokil en attendant les décisions finales, telle était la volonté première du conseil. D’autres sujets d’ordre « astral » et magique commencèrent ensuite à prendre le dessus des discussions. Ceci sortant de mes prérogatives, je m’éloignais peu à peu des débats pour finalement quitter les lieux, trouver et recevoir des soins auprès d’un médecin de la guilde de Madriel. Sutures douloureuses, bandages effectués, potion régénérative bue et bâton de marche à l’appui je partis rejoindre ma chambre d’hôtel où un bon lit et une immense fatigue m’invitèrent au sommeil du juste.

MADREHR - 20 :
Je suis réveillé par Lazarus qui m’informe qu’un lieutenant du nom d’Elerine nous attend dans la salle de déjeuner de l’hôtel, vidée pour l’occasion. Il me donnera des nouvelles de Harnarre qui, à-présent entre de très bonnes mains, devrait être en convalescence durant plusieurs jours. Il continuera en nous annonçant une dernière responsabilité donnée par le conseil et soutenue par nos supérieurs hiérarchiques respectifs : Aller à Lokil en tant qu’ambassadeurs. D’après eux, qui mieux que nous pour expliquer et décrire la situation ayant eu lieu ces derniers jours, détails de notre périple à l’appui ? Ces informations (parmi lesquelles l’utilisation du fragment) pourraient être nécessaires à la grande cité de la connaissance pour son organisation «fragmentaire» à venir. A ce titre, nous y serons téléportés. Je demandai malgré tout à rencontrer un responsable Veshien afin d’informer officiellement sur les évènements des prochains jours. Le capitaine Séléros s’engagera à faire suivre immédiatement les infos à mon Général, Egredhon.
En attendant la mise en place de la téléportation, je partis rendre visite à Harnarre mais fus stoppé (à mon grand désarroi…) par une sécurité interdisant l’accès immédiat à la superbe magicienne. Mon statut de lieutenant Veshien n’y changea malheureusement rien. Aussi lui fis-je porter un magnifique bouquet de fleurs pour son réveil, petit mot à son égard inséré discrètement…
La convocation pour la téléportation arrivera dans l’après-midi, les prêtres réunis pour mettre en place le sort. Une prêtresse, Elisabeth, ne cesse de me draguer pendant la courte mise en place du rituel. Le «voyage» se fera peu de temps après, nous déposant au milieu d’une plaine rocailleuse aride à la chaleur écrasante. Nous sommes dans le désert occidental d’Oukroudahn, au sein d’un site aménagé de vieux monuments et obélisques taillés dans la roche environnante, gravés en langues oubliées, face à une grande montagne accessible via un sentier. Je demandais les raisons d’un tel éloignement du site d’« atterrissage », Lazarus évoquant une sécurité face aux possibles arrivées trop près de Lokil de sources astrales ou magiques hostiles. Ce site n’était autre qu’une porte ancestrale ouverte à tout déplacement astral, non réservée à la vie sur terre utilisée durant la Grande guerre : Un « pont » de très grands dangers.
Près d’une heure de marche s’écoula avant d’entendre des bruits de chevaux et voir arriver sur sa monture Askarion (encore lui) et cinq hommes à pieds. Il nous expliquera que les fragments allèrent jusqu’à provoquer une distorsion du temps et que le troisième fut récupéré il y a trois jours. Hors il n’y a que douze heures que les incidents liés à ce dernier eurent lieux ! Je ne compris strictement rien à ce lot d’explications auquel participa Lazarus et il faut bien reconnaître que, de toute façon, ma volonté première n’était plus dans ce domaine mais bel-et-bien de retourner dans ma ville de Läve et y trouver quelques jours de repos mérités. Askarion continuera en nous annonçant la cage en éhogue terminée par les nains. Mais alors que je constatais avec stupeur de nombreuses armes en Terres Lokilienne et que j’en demandais les raisons, le guerrier elfe ferma la discussion pour mieux nous remercier de notre aide dans cette difficile épreuve. N’appréciant pas cette façon d’agir, surtout après nos rôles dans cette affaire, j’insistais en revenant sur le sujet, le chevalier le détournant une nouvelle fois en ajoutant que certaines choses ne pouvaient être sues par tous pour des raisons sécuritaires. Un début de discussion houleuse se fit de nouveau sentir à mesure que je critiquais ses façons d’agir en ne mâchant pas mes mots. M’approchant de lui vivement, Lazarus et Dalgrob s’interposèrent pour éteindre les mèches. D’un léger signe du regard, le nain attira ensuite mon attention sur les gardes elfes ayant posé la main au fourreau. Qu’ils essaient …
Arrivés finalement à Lokil-même, on nous fit conduire dans nos quartiers. Un contexte me rappelant quelques peu Bourok-Thorn par notre interdiction de sortie de la zone réservée aux « étrangers ». Une femme, Sékielle, au look garçonnet et traits-tirés viendra nous contacter quelques heures plus tard, nous conviant à une réunion organisée dans une salle prévue à cet effet. Magnifique : On peut y observer le brûlant désert d’Oukroudahn environnant avec une vue quasi panoramique !
Sékielle nous informe de la prise en charge des fragments par Lokil. Elle nous expliquera, sans entrer dans les détails, avoir aussi été en possession d’un fragment par le passé et en connaitre les effets liés (son regard se tournant alors vers Lazarus et son vieillissement prématuré). Après ma demande de précisions concernant le rôle de l’elfe dans toute cette histoire, elle nous racontera que ce dernier travaille pour Lokil et que c’est lui qui engagea Mazin et Myolance pour récupérer les fragments. Une véritable toile d’araignée, quasi incompréhensible. Mazin ne m’avait, effectivement, pas tout dit… Loin de là.
Durant le conseil, Lazarus demandera des infos sur les lieux de notre escale involontaire lors du retour « fragmentaire » d’Artécé : Nous étions dans les plaines de Ledes, au Nord de Mithril, Sud-ouest d’Artécé. J’ajoutais à cela ma surprise d’y avoir trouvé Ascarion et en demandais froidement les raisons. « Simple coïncidence » selon le conseil ! Ben voyons… Si on y joint les yeux-rouges que m’a portés l’elfe en réaction à ma remarque ! (Je l’avoue, mes regards et rictus alors envoyés vers lui s’avéraient quelque-peu narquois).
Bien-que fortement agacé par ce ramassis de secrets flagrant, je n’ai pas insisté sur le sujet.
Concernant nos confrontations Mithrilliennes, il s’agissait de créatures issues de magie pure et Bel-zameth en personne pourrait en être à l’origine. Le damné n’était donc pas le seul à vouloir le fragment. Sékielle continuera en expliquant que le fragment aurait pour valeur l’amplification de la magie pure. Une sorte de pont entre les différents « plans » (titans, dieux, êtres vivant …) puisqu’utilisable par chacun d’entre eux. Posséder un fragment et ses atouts astraux reviendrait à pouvoir empiéter sur les autres « plans » par voie magique et risquer le déséquilibre du Ghelspad, seconde guerre humano-divino-titans à la clef ! Le collier d’éhogue ? Un faible canaliseur d’énergie à échelle humaine, sans lequel l’avenir de l’utilisateur d’une telle source de puissance disparaitrait par vieillissement instantané du vivant ou incinération d’un mort. Le damné qui récupéra le collier de Mazin le savait mais pas moi ? Et encore moins Lazarus ?? Je ne peux m’empêcher de grincer des dents en repensant à notre épopée et tous ces non-dits !
Un simple caillou d’apparence…
Nous passerons plusieurs heures à raconter en détails l’intégralité de nos péripéties. Suite à ce comité, Askarion m’attrapera en aparté, m’annonçant d’un ton froid et menaçant qu’il ne m’autorisera plus un comportement tel que celui enregistré avec lui depuis Bourok-Torn, encore-moins aujourd'hui.. Je ne pus m’empêcher de lui renvoyer la pareille, tout aussi agressivement. D’après Dalgrob (qui s’intercala une fois de plus en lui demandant de bien vouloir rejoindre ses quartiers) je deviendrais « nain ». Avec recul, un véritable nain séparait un humain et un elfe en conflit… De quoi faire sourire.
Désormais quelques sages Lokiliens ne nous lâchent plus du regard : L’incartade précédente en zone puritaine a probablement conforté leur idée isolationniste selon laquelle toute personne étrangère à Lokil n’a rien à y faire. Qu’ils se rassurent, je ne compte pas rester indéfiniment dans ce lieu froid et austère.

Troisième mois d’automne - EHNKEHR, le 3 :
Nous sommes restés sept jours à disposition de l’autorité Lokilienne, période durant laquelle Lazarus ressentit en lui la très nette sensation de combats « astraux ». On nous tiendra par la suite informés de la réussite finale du processus d’enfermement magique des fragments dans la cage d’éhogue et de l’affrontement astral victorieux face à Belsameth. Une chose est annoncée : Il faudra en attendre de réelles représailles, cette dernière n’ayant assurément pas apprécié sa défaite momentanée.

Une autre chose est à présent certaine : Notre rôle dans cette quête prend fin. Nous pouvons retourner auprès des nôtres conter nos exploits et profiter au maximum d’un calme qui, semble t-il, ne sera pas fait pour durer…


Argyle Wishlow